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   La victoire en chantant  0 commentaire
[21/10/2008 6:23]

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La victoire en chantant

Ils avancent en refrain portés par l'âge aveugle.
Ils défilent en canon, rient, chantent, scandent, sifflent et meuglent
L'automne sous leurs pas déroulent les tapis d'or
Têtes nues et fronts haut, ils marchent d'un même corps.

Auréolés des blés, des lumières réglisses,
Les yeux bruns, les yeux bleus éclairés de malices,
S'égayent comme des moineaux dans un relais joyeux.
Le monde s'offre à leurs pieds comme un terrain de jeu.

Liés d'une amitié sans pactes ni serments,
Liés de bouts d'ficelle, de cabanes et de camps,
Gars et filles d'un même rire plus frères que le sang
Connivence sans mot, six couplets d'un même chant.

Ils vivent les défis, tue tête et bouches cousues,
Partagent les aventures, tope là et mains tendues,
Ils embrasent des feux qui tutoient les étoiles
Ils avancent confiants au monde qui se dévoile.

Coude à coude, mot à mot, la vie bout et les presse,
Se dessinent lentement en force et en sagesse,
S'esquisse la beauté fine nourrie d'adolescence.
On devine à les voir le seuil de l'enfance.

Ils avancent en canon. Ils avancent en refrain,
Ramassent des brassées de feuillages carmins.
Ils composent des bouquets de braises et de délices
Construisant les souvenirs de dimanches complices.

Cartouche

le 13 octobre 2008





   Mêmes essences et même sève.  1 commentaire
[26/08/2008 10:37]

Gravelines janvier 2008

 

Mêmes essences et même sève

 

Vos bras à mon cou s’accrochent. Rires et baisers

Papa Noël, sapin de fêtes de vos rimes décoré

Blottis, nichés, inaccessibles, loin des dangers.

Je suis l’arbre centenaire, le temps s’est arrêté.

 

Papa de chêne. Fortes branches aux chahuts et aux jeux

Point ne plie, point ne penche aux assauts aventureux

Cabane au bois, petite enfance, pour décrocher mes lèvres

Les mêmes bois, mêmes essences, la même sève.

 

Osier souple, Papa de saule, à vos souffles je danse

Je vous regarde et vous écoute, accueille les confidences

Fine peau du bouleau, portent mes veines :

Vos blessures, vos fièvres et vos peines

 

L’abri connu, je suis racines et je suis feuilles,

Parfum de mousse, eucalyptus, vert tilleul

Havre muet, j’échange vos peurs et ma paix

Bourgeons tendres, j’échange vos espoirs à mes souhaits

 

Rires et baisers, vos bras à mes branches accrochés

Sur le grain de mon écorce, sur ma chair sculptée

De votre amour je porte le plus précieux des présents

Qui se dessine au fil des jours : les cœurs gravés de mes enfants

 

 

©artouche

le 13 février 2007





   J'allais petit enfant  0 commentaire
[23/07/2008 7:06]

J’allais petit enfant

 

Des fleurs multicolores débordent des parterres.

J’allais petit enfant au jardin de Grand-père :

 

En remontant l’allée le long du potager,

Je flattais mes poumons  d’arômes mélangés.

Des buissons odorants et des arbres fruitiers

Improvisaient des goûters aux jus chauds et sucrés

 

Le chemin se perdait au coin du vieil abri.

Sous un bosquet serré de noisetiers rabougris

Une grille s’ouvrait à nos imaginaires.

Quiconque la franchissait se livrait aux mystères.

 

Point de sentiers tracés dans l’étendue herbeuse,

Chaque course lancée devint aventureuse.

Effrayés des combats de mes jeux solitaires,

Des papillons zébrés s’envolaient en bouquets.

 

Avec mon petit frère, nous chassions les lions.

Ou délivrions ma sœur des pattes d’un dragon.

J’y nommais les oiseaux et observais leurs nids.

Je suivais les colonnes régulières des fourmis.

 

Au tronc du vieux pommier j’écorchais mes genoux

Revenais pour les repas avec le rouge aux joues.

Mon grand-père attendait au droit de la clôture

Ronchonnait bienveillant devant mes écorchures.

 

Au fond de ce jardin j’ai fait la découverte

De la graine précieuse de l’arbre des poètes.

 

©artouche

le 12 mai 2006





   Tu me manques parfois … toujours  4 commentaires
[23/06/2008 5:50]

Tu me manques parfois … toujours

 

J’ai oublié les souffrances, les douleurs endurées.
J’ai oublié les nuits, près de toi à veiller.
Oublié la faiblesse et ta pâleur de fée

Et ta main dans ma paume quand tu t’es retirée …

Tu me manques parfois …
Toujours …

Je me souviens des tables que l’on dressait dehors,
Des plats servis brûlants, des frères qui riaient fort.
Je me souviens ta voix, quand tu nous relisais
Pour la vingtième fois : « le moulin » de Daudet.

Je me souviens des mots que tu nous expliquais,
Les gants qui tenaient chaud ! Les bonnets qui piquaient !

Les retours de l’école par les jours de tempête,
Tu nous frottais le dos dans de grandes serviettes.
Je me souviens aussi : les odeurs de Noël,
Les cadeaux fabriqués avec des bouts d’ficelle.

Ma tête sur tes genoux, tes baisers dans mes cheveux,
Et ton amour pour nous, l’envie qu’on soit heureux.

Tu nous manques, souvent …
Toujours …

Quand je regarde le ciel, le matin, à l’aurore
Les horizons se parent de rouge, de bleu et d’or,
Les os percés de froid, parcouru d’un frisson,
Je sens tes bras sur moi, tes lèvres sur mon front ;

Puis-je avoir le parfum ? (du fruit)
Dont tu as la saveur …
Tu nous aimes !
Souvent … Toujours…

 

 

 

©artouche

Le 25 avril 2005


   Une tôle repliée.  1 commentaires
[21/06/2008 6:56]

Une tôle repliée.

 

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A peine quelques pierres au mitan du jardin
Une porte verrouillée et son étrange toit
Je pénétrais en douce, visiteur clandestin
Dans l’antre de grand père quand il n’y était pas,
Dans l’ambiance parfumée des feuilles de tomates
Un établi usé sous un mur de boites.

Je venais là pour elles.

On en trouvait aussi dans ces armoires blondes
Abandonnées des vies et des vêtements d’enfants,
De ces boîtes fleuries qui racontent le monde
Où cette dame vieillie faisait battre les sangs.
Cent ans, mille ans peut-être dans une travailleuse
A portée de mes mains et mon âme rêveuse.

Je découvrais ainsi les trésors des aïeux.

N’avez-vous ces souvenirs de tôles repliées ?
Les bribes d’un hier dans des boîtes de thé,
D’abord le voyage, un parcours sans valise,
Pour Aix les calissons, pour Cambrai les bêtises
Ou les gravures folles d’un autre quotidien,
D’une pêcheuse de crevettes ou d’un chasseur alpin.

Je découvrais des spectres.

S’enivrer des effluves de parfums capturés,
De menthes ou de vanille, un reste de tabac brun,
S’échappent les essences d’enfance oubliées,
Et les fantômes anciens à la sève de pin.
Le couvercle se lève, les magies se rependent,
Par ces petits objets se forment les légendes.



Je me parais alors de médailles dorées.

Par un reste de soie se créaient les princesses,
La nacre des boutons, des olives de bois,
Des pinces compliquées, des jetons de kermesse,
De vieilles lames sans manches, la photo d’un soldat,
Une médaille dorée fleurie de points de rouilles
Les yeux d’une poupée qui me flanquaient la trouille.

Je mets dans des vers souvenirs bien rangés.

Je range dans ma mémoire tout ces objets bizarres,
Je les mets dans les vers, les vers dans les carnets,
Et je les cacherai dans le fond d’une armoire
En espérant ainsi qu’ils puissent être trouvés
Par une main habile entre les couvertures
Pour pouvoir habiter de nouvelles aventures.

Se referment ainsi les boites de ferraille.

 

©artouche

le 13 Août 2007

 


   Rejoindre les légendes  1 commentaires
[19/06/2008 11:33]

Rejoindre les légendes

 

J’avais pris quatre pommes, chipé les allumettes,
Les tablettes de chewing-gum, et une lampe-tempête,
Un vieux couteau poli, un bonnet pour le froid,
Pris un livre pour l'ennui et des crayons de bois,

Une mèche de ses cheveux, son mouchoir parfumé,
Et un coussin moelleux, dans un sac bien serrés.
J’ai traversé les couloirs et franchi les paliers,
Tâtonné dans le noir , les pied nus et glacés.

J’allais franchir la porte, quand elle fut devant moi.
Dans une émotion forte, elle me prit dans ses bras.
Et je m’éblouissais des ses couleurs cuivrées.
J’accueillais ses baisers et respirais sa peau.

Encore une aventure qui me ramène au lit.
Et sous mes couvertures je me suis endormi.

Je partirai, pourtant, pour rejoindre la légende
Avant d’avoir six ans, j’irai à « Neverland ».

  

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 ©artouche

 le 16 septembre 2005


   Pierre cueillie  0 commentaires
[13/06/2008 19:09]

Pierre cueillie

 

 

 

J'ai cueilli dans la crue une pierre arrondie
Ramassé dans le flot une pierre polie
Sous le voile transparent d'une source, elle attendait
Toute enchâssée d'étoiles dans un écrin de grès

Dans le creux de ma main, dans ma paume apaisée
Je pris quelques secondes pour bien la soupeser
Combien de jeux d'enfants dut-elle accompagner ?
Combien de ronds dans l'eau, combien de ricochets ?

Descendre les torrents depuis des millénaires
Glisser dans le courant pour rejoindre la mer
Combien d'été aux rives, avant qu'on ne la renvoie ?
Par une main agile ou un orage sournois

Le grain doux de son dos, son âme silencieuse,
La caresse patinée des courses aventureuses
Sa réponse à mon pouce choisit sa destinée
Un compagnon intime capable de consoler

Un grand-père minéral, témoin de « l'avant moi »
Pierre unique, caillou rond, au contact de soie
Aux roulis de mes doigts, dans ma poche blottie
Un galet immortel qui réchauffe ma vie

 

©artouche

Le 26 avril 2006

Pour Pierre mon "Papa" à l'occasion de la fête des pères


   Glissée d’un vieux violon  0 commentaires
[03/06/2008 11:27]

Glissée d'un vieux violon

 

Elle est partie dans l’air, en note claire et tendre
Elle jongle avec le vent et se laisse entendre
Glissée d’un vieux violon ou tirée d’un pipeau
Elle s’étire, elle danse et vibre dans un saut

Dans le ciel calme et lisse, elle n’est plus mais enchante
Disparue dans l’éther, elle s’oublie ou nous hante
Souvenirs des douceurs des voix qui passaient là
Elle se tait sans remous et ne reviendra pas

Ils sont partis dans l’air, en notes claires et tendres
Ils jonglent avec le vent et se laissent entendre
Je coule sans retenue dans la mélancolie
J’écoute la mélodie de ceux qui sont partis

 

 

©artouche

le 23 mars 2006



A propos de l'auteur

Un jour on prend la plume :

Pour une carte postale, pour une lettre d’amour ou excuser un retard.

Un jour on prend la plume, comme pour faire un dessin. On esquisse une licorne, un oiseau  ou on griffonne une arabesque sans fin…

Un jour on prend la plume pour écrire un poème, puis deux et on se laisse aller.

 

 

 

La totalité des textes est protégée par Copyright

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