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   La petite souris  1 commentaire
[21/11/2008 10:16]

La petite souris

Please bury me

illustration : Kyle M Stone

 

Quelques carats d’ivoire finement glacé d’émail

Petit bijou de nacre, simple éclat de corail,

Sous la taie d’oreiller minuscule incisive,

Hier, Elle fleurissait sur la rose gencive.

 

Forma les premiers mots, connut les premiers sons.

Les fous rires quotidiens, les sourires partagés,

Les morsures mécaniques du tendre nourrisson,

Elle griffait tendrement le mamelon nourricier

 

Elle fit chuinter les vaches et fit siffler les chiens

Mais elle supporta mal la chute de sa jumelle,

Balança à son tour pour tomber ce matin,

Petite dent de lait serrée dans la dentelle.

 

J’ai déposé ma pièce en guise de récompense,

L’ai mise sur mon dos comme un précieux colis

J’emporte le témoin de la petite enfance,

Nostalgique boulot de la petite souris.

 

 

Cartouche

le 23 février 2007

 





   Un titre indicatif  0 commentaire
[14/11/2008 17:29]

Un titre indicatif

 

 

Conjuguer à l’envie les verbes de libertés.

Ne plus être sujet, se diriger en maître.

Ne plus rien décliner en des temps imparfaits,

Abandonner Avoir et s’inviter à Être.

 

Aimer pour auxiliaire à toutes les actions,

Composer le passé, rendre simple un futur,

Abolir pour Vivre toutes terminaisons.

Se risquer aux accords, accepter l’aventure.

 

Exhiber nos passions à titre indicatif,

Et garder pour nous deux, pour se les partager,

Des verbes dans la durée de leurs infinitifs :

Embrasser, pour tes lèvres et pour ta peau : Danser !

 

 

le 22 mai 2007





   Promenade d'automne  1 commentaire
[28/10/2008 5:37]

Promenade d’automne

 champignon.JPG

 

 

Baignés d’un soleil pâle, les mains rougies de froid

Nous suivons les sentiers d’étranges funérailles :

L’été coule son linceul en ors et en grenats

Accrochant dans les vignes des grappes de corail.

 

La nature s’exhibe sans la moindre pudeur :

Les saules frêles s’exaltent en flammes safranées

Et les buissons s’animent de merles tapageurs

En offrant leurs trésors de mûres noires et gonflées.

 

Des compagnies de cailles, les faisans, les canards

S’éparpillent à nos pas en  vols apesantis.

Les lichens soufrés, les  lentilles des mares

Habillent les ardoises ou les eaux endormies.

 

L’écorce rude et belle prête robe aux futaies.

Le potager sommeille sous des feuillages d’ambres.

Dans la ouate des nues les lumières glacées

Allument les brillants des averses de septembre

 

le 18 septembre 2007





   Une gigue est passée  1 commentaire
[29/09/2008 22:58]

Une gigue est passée

 

Violon 

 

 

« Dans les brumes pesantes qui empêchent au bonheur »

 

Le chant acidulé d’une flûte d’acier

Pousse lentement le cœur au contour d’une larme.

Chute mélancolique de mon âme bercée,

Les ombres se font tranquilles en s’invitant aux charmes

 

« Le feu répond au sources de sensibles langueurs »

 

Sous le crin révolté d’autres archers espiègles

Qui galopent aux ventres de violons centenaires

Les pieds claquent aux planchers sans ignorer les règles

Des gigues insensées de lutins légendaires.

 

« Le tourbillon magique des rires qui désarment »

 

Dans d’étranges fiançailles du fol et de l’amer

Quand le sang nous transporte à partager la danse

Nous laissant pénétrer et des notes et des airs

Qui s’allongent clairs et purs dans le nouveau silence

 

« Une gigue est passée pour alléger les âmes »

 

©artouche

le 21 mai 2007


   Là où je suis né  1 commentaire
[24/09/2008 6:54]

Plage

Là où je suis né

 

J’ai couvert mes souliers des poussières des chemins
Vu les safrans des Alpes distillés leurs parfums
Les aubes opalines d’horizons Scandinaves
Couru à perdre souffle sur les sentiers de lave

J’ai croqué des olives et bu des bières d’Irlande
Goûté au cidres frais des campagnes Normandes
La Grèce et ses légendes, Istanbul, Croatie
Aime à rêver d’été dans
la douce Italie

Des vues d’été australs, les embruns d'océans
Les neiges continentales et les clameurs d'Orient,
Mais par-dessus encore des splendeurs de Venise
J’aime la Mer du Nord et ses lumières grises

Les plages d’ocre jaune où je mettais mes jeux
Les pluies fines de mars, les octobres radieux
Les folies de l’hiver que Carnaval inspire
Les étés doux et calmes sous les ciels de saphir

J’aime à traîner mes pas au bord de cette plage
Sur cette jetée blanche où nous sommes allés
Pour offrir un endroit au premier baiser sage
Dans le ronron des vagues qui venaient nous épier

De tout les lieux du monde, je chéris dans mon cœur
Ce paysage mouillé et ses tendres couleurs
Les tempêtes, les écumes, les courbes de ses dunes
Ses histoires de mers, de corsaires et de hunes

Dunkerque terre de Flandre, son port et sa cité
Gardera la tendresse du lieu où je suis né !

 

©artouche

 le 17 mars 2006

Wondercarnajane

Illustration avec l'accord de l'artiste:

wonderjane

wondercarnajane


   Sur le sable de septembre  1 commentaire
[05/09/2008 13:16]

331610073b4088b3ded3337c427e1da1800f9421631325f6c40527159cd01e9d5d8cfa5c.jpg

 

Sur le sable de septembre

  

Le silence glissait sur la grève en sommeil

Les vagues se couvraient d'or sous le ciel de grenat.

Sur les rides de sable serpentait le soleil

Et allongeant mon ombre qui collait à mes pas

 

Mes pieds marquaient en creux les frontières du rivage

Les vents salés du large venaient lécher ma peau.

Des mouettes casquées riaient de leurs voyages

En brisant le miroir qui dansait sur les eaux

 

Les côtes s’animaient de lucioles électriques

Les dunes vibraient encore des chaleurs de l’été

Au loin se découpaient les lignes anthracites

Des bateaux immobiles qui s’endormaient au quai

 

Je me grise des lumières et de leurs teintes d’ambres

Qui annoncent l’automne, Qui annoncent le froid

Et je profite encore des douceurs de septembre

Et je presse l’allure pour rejoindre tes bras

 

©artouche

le 15 septembre 2006


   Les mois en Brrr ….  3 commentaires
[01/09/2008 6:05]

les mois en brr

Les mois en Brrr ….


Août s’étire, timide, en de tièdes caresses
Les fenaisons s’enflamment de rouges éclatants
Dans le fond du jardin un potager paresse
Couvant dans son giron les potirons safran

Des pommes tendent leurs joues comme des demoiselles
Et rosissent de leurs amours aux baisers de l’été
Les lents chevrons des oies orientent le ciel
Vers les migrations de l’automne annoncé.

La peau bronzée des figues éclate sur sa chair
Les rosiers s’alourdissent de hochets rubiconds
Des dahlias colorés explosent dans les parterres
Comme des feux d’artifices pour clore la saison

Les disputes de merles en guise de flonflons
Pour des perles de mûres accrochées dans les airs
Sous les quelques lampions des fleurs de houblons
Animent les vielles haies en fêtes populaires

Le soleil se lève tard dans des aubes laiteuses
On prépare le frimas par le bois qu’on entasse.
Dans le confort d’un spleen, dans nos âmes rêveuses
Nostalgie partagée de la rentrée des classes.

 

 

©artouche

le 26 août 2008


   A hauteur d'oiseaux  3 commentaires
[21/08/2008 10:01]

A hauteur d'oiseaux

 

Une cabane en l’air

 

Une cabane de planches dans un arbre caché,

Comme un château de bois, comme une île perchée.

Un rêve de Robinson dans son refuge intime,

Petit radeau posé dans les plus hautes cimes.

 

Aux creux d’une main de cèdre emportés vers le ciel,

Au plus prés des étoiles et leurs mille étincelles,

Tous nos jeux de l’enfance bien au chaud dans un nid,

A hauteur d’oiseau les songes d’une nuit.

 

Une richesse simple, voyages imaginés

Dans la houle des branches d’océanes canopées.

Le concert des feuillages sur le fragile abri

Qui accueille en riant les honneurs de la pluie.

 

Comme un petit garçon noyé dans la nature

Savoure chaque instant de bonheurs miniatures.

Ton cœur prés du mien sous la chaume de bruyère,

Les rires de nos enfants dans des cabanes en l’air.

 

©artouche

Le 20 août 2008


   Au caprice de l'eau  1 commentaires
[11/08/2008 19:50]

 péniche

 

 

Au caprice de l'eau

Les saules sur les berges suivent notre course lente,
Au rythme des murmures, au caprice de l’eau.
Le soleil caresse les surfaces indolentes
Et pousse des flammes d’or sur les flancs du bateau.

Les grèbes majestueux, les souples ragondins
Glissent sans créer de trouble miroir aquatique.
Des cormorans espiègles comme de noirs dauphins
Se marient à l’étrave en une lame unique.

Les écluses fatiguées en paliers vers les mers ;
De leurs bouches d’aciers aux lèvres écumantes,
Sur la geôle glacée déversent leurs colères
En remous orageux sur la coque tremblante.

La lune sur la tourbière éclaire la nature.
Une carpe sonore s’éloigne en clapotis.
La barge tire les amarres, bouillante d’aventures ;
Couvant dans son giron l’équipage transi

Qui rêve à d’autres jours qui n’égrainent pas d’heures,
Qui rêve à d’autres nuits, Qui rêve à d’autres flots.
Il laisse flotter les songes, laisse flotter les cœurs,
Au rythme des murmures, au caprice de l’eau.

 

©artouche

le 05 juin 2008


   Le chocolat d'octobre - (épisode 3 de la trilogie)  0 commentaires
[17/07/2008 21:04]

Trilogie – Episode 3:

 

Chocolat

Le chocolat d’octobre

 

L’orage nous attendait au mitan du chemin.
Dans une course effrénée nous agrippions nos mains.
De grands troncs au fusain se détachaient du ciel.
Les flaques nous guidaient en boueuses marelles.

Des flammes dans le foyer en craquements rassurants
Mangeaient les quelques bûches tout en nous réchauffant.
Nous glissions nos peaux nues dans velours et mohairs,
La douceur confortable des textiles polaires.

Tes seins moulés et ronds aux mamelons dressés,
Se laissaient entrevoir au giron du gilet.
Sous tes mèches mouillées, tes pupilles éclatantes.
Le chocolat fumait dans des tasses brûlantes.

Tes mains fermées en coupe ; porcelaine colorée,
Une écume de lait sur tes lèvres nacrées,
Me renvoyaient l’image d’instants extraordinaires
Fixés dans les portraits veloutés de Vermeer.

 

 

 

©artouche

le 30 mars 2006

 

cécile . Gibrat
Crédit d'illustration
© 1997 - GIBRAT - Dupuis

 

Liens vers les épisodes 1 et 2, ci-dessous:

Kawah

Tea time


   Le banc vide  0 commentaires
[15/07/2008 9:57]

Le banc vide

 

le banc vide


Dans l’aube simple d’un beau matin d’été,
Dans la quiète fraîcheur, la magie d’un banc vide.

Je m’asseois et viennent se présenter :
Les senteurs et la brise et les ombres limpides…

Dans ma rêverie soudaine je me laisse emporter
Par le vol d’un oiseau et sa trille liquide

Dans la quiète fraîcheur elle vient à s’approcher,
Elle s’asseoit pour rêver sur les lames d’un banc vide.

 

©artouche

le 08 Août 2007


   Tea time (épisode 2 de la Trilogie)  2 commentaires
[11/07/2008 16:39]

Trilogie – Episode 2 :

 

Tea Time

 

Demoiselle ventrue de faïence brillante
Dispense les essences des mélanges de menthes.
Le thé donne son âme en nuages dorés,
Blanc, vert, fleuri ou noir nous livre son secret

Subtil et raffiné art, de nous exigeant
Une philosophie lente comptée aux grains du temps.
On se retrouve ainsi en plein après midi,
Pour une pincée de feuilles baignant dans l’eau bouillie.

Finesse de la tasse, température de l’eau
Chacun garde sa place et mesure son propos.
On sait tous les changements qui firent le tour du monde
En prenant leur naissance près d’une théière ronde !

©artouche

le 29 mars 2006

 

Afternoon tea - Karen Lucas

Illustration :
http://www.lucasart.net/gallery.htm

Liens vers les épisodes 1 et 3, ci-dessous:

Kawah

Le chocolat d'octobre

 


   Incroyable armada; Rouen 2008  0 commentaires
[09/07/2008 14:58]

Incroyable armada; Rouen 2008

 

Rouen 2008 

Une forêt de mâts de bois rouges et d’acier

Se dresse dans le ciel comme une petite armée.

Harcelant les amarres de sa poigne puissante

La mer saisit les coques dedans sa main de menthe.

 

Des cordages sans fin s’envolent dans les hunes

Emportant avec eux des rêves de fortunes

Et s’écrasent sur le pont en flaques de soleil ;

Transformant cuivre en or et le bronze en vermeil.

 

Les haubans marquent le ciel d’une marelle d’azur.

Les vergues retiennent  à peine les plis de la voilure,

Comme une tête chenue grisée par l’aventure

Laisserait flotter au vent sa blanche chevelure.

 

On imagine encore dans la foule qui se presse

Les attentes sur les quais, les rires et les détresses

Quand ces ventres de bois revenaient enfanter

La ruine de ce roi ou richesse d’un drapier.

 

On pense aux déchirures et on pense aux tempêtes,

Au port qu’on n’atteint pas, aux voyages qui s’arrêtent

Ou aux milliers de larmes poussées par les étraves

Les guerres, le feu, la poudre, la honte et les esclaves.

 

On se redit en douce nos lectures d’enfance

Jim Hawkins et Jules Verne, les nouvelles connaissances.

Les pavillons gonflés d’autres philosophies,

Le monde s’ouvre par la mer à une grande fratrie.

 

On voit les lourdes malles, les tonneaux, les ballots,

Les échanges des hommes sous de divers drapeaux

Les épices, les huiles et les essences rares,

Les idées, les amours et les nouveaux espoirs.

 

Elle se dresse face à nous l’incroyable armada

Les boudins de lin blanc en travers des mâts.

Les équipages prennent corps avec ces géants

Dans les cales vibrantes des rages de l’océan.

 

La figure de proue couchée sous le beaupré

Nous livre les couleurs des conquêtes passées

Mais le regard et le doigt qu’elle pointe vers la mer

Donnent la direction d’où viennent nos chimères.

 

 

la proue du thalassa

 ©artouche

le 08 juillet 2008


   l'Armada électrique  0 commentaires
[02/07/2008 14:26]

L’armada électrique

 

 L’ultime jet de lumière s’accroche sur les plumes
Des goélands d’albâtre qui rasent les écumes,
Étrangères aux colères des ombres qui jettent l’ancre
En sonores combats, aux feux, sur des flots d’encre.

Les navires de plomb, l’électrique armada
Pénètrent dans les plaines, en vibrant de fracas,
Des gifles et de coups, des morsures de la poudre,
Implacable avancée des filles de la foudre.

Une rumeur s’étend au sillage de la bête,
Par des éclats de larmes, par des éclats de fêtes.
S’abattent comme des pleurs, crépitent comme des rires :
Les volées de cristal, de diamants de saphirs.

En de joyaux liquides, en de ruisseaux rapides
La pluie glisse au carreau et sous la terre avide.
La mer quitte les dunes dans un reflux tranquille,
Sous le vernis de l’eau la campagne scintille.

J’écoute les soupirs des gouffres rassasiés.
J’écoute le refrain des orages d’été.
Notre jardin s’anime de vapeurs parfumées.
Des nuits sous les étoiles aux chaleurs apaisées.

 

©artouche

le 19 juin 2007


   Les mercredis d'enfance  0 commentaires
[02/07/2008 8:54]

Les mercredis d’enfance

 

 

 

Je regardais cette femme préparer le repas

Sur le poêle de fonte où mijotaient les plats

Je lavais ses légumes dans l’émail d’une cuvette

Elle épluchait pour moi des poignées de crevettes

 

Elle réparait les manches de ses couteaux d’acier

Elle parlait du mari qu’elle avait tant aimé

 

Je regardais ses mains, douces, agiles et vieillies

Elle me lisait des mots sur des pages jaunies

Je regardais ses mains, précises et décidées

Quand elle glissait les pions sur les cases du damier

 

Elle sentait l’eau de Cologne et puis la pie qui chante

Elle sentait le jardin et les bonbons de menthe

 

Je regardais son visage et ses yeux attendris

Quand j’allais pour manger chez elle le mercredi

La regardais encore préparant son café

Et j’y trempais mon sucre avant de le croquer

 

Elle fredonnait des chants dont j’ai perdu les airs

Elle disait les souvenirs d’enfance de ma mère