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18/08/2008 13:15
Une brise de menthe (1 commentaire)

Diane

Une brise de menthe

 

L’astre est haut, l’air limpide et si chaud ;
Tu es nue, tu es blanche ; nul soleil ne brûlera ta peau.
Rien ne bouge, le monde dort ;
Je te veille et me tords.

L’eau du bassin envoie ses reflets de cristal,
Une rose y voyage par ses bateaux pétales.
Tu es nue, chasseresse, flèches d’or au carquois ;
Une brise de menthe chahute les feuilles de mes doigts.

Je me dresse, te désire, me penche à ton épaule.
Ma sève devient miel quand par hasard je frôle
Le galbe de ton sein ou une hanche fine ;
Je sais te protéger, m’étire et puis m’incline.

Tu es ma tendre Amie, tu es mon seul repaire,
Fidèle et amoureuse tu m’offres en plein hiver
Ta vibrante beauté, la même nudité ;
Accepte sans dégoût mon spectre décharné.

Un insecte bourdonne emportant le pollen ;
La lumière d’été s’étire sur tes veines.
Canicule assassine voit mes caresses sombres
Déployées sur ton corps, te couvrant de mon ombre.

Tu es nue belle et blanche,
Tu es statue brûlante ;
Je suis écorce et branches
Une ramure tremblante.

Dans un square, une allée
Et une statue de marbre ;
Dans la brise de juillet
Le murmure d’un arbre.

« Je t’aime depuis longtemps…
Je t’aime depuis cent ans… »

 

©artouche

le 16 mai 2005





18/08/2008 13:14
Réveil dominical (0 commentaire)

Retrouvez un nouveau texte sur mon blog des inspirations impudiques :

Réveil dominical

Pour un public averti

 





11/08/2008 19:50
Au caprice de l'eau (0 commentaire)

 péniche

 

 

Au caprice de l'eau

Les saules sur les berges suivent notre course lente,
Au rythme des murmures, au caprice de l’eau.
Le soleil caresse les surfaces indolentes
Et pousse des flammes d’or sur les flancs du bateau.

Les grèbes majestueux, les souples ragondins
Glissent sans créer de trouble miroir aquatique.
Des cormorans espiègles comme de noirs dauphins
Se marient à l’étrave en une lame unique.

Les écluses fatiguées en paliers vers les mers ;
De leurs bouches d’aciers aux lèvres écumantes,
Sur la geôle glacée déversent leurs colères
En remous orageux sur la coque tremblante.

La lune sur la tourbière éclaire la nature.
Une carpe sonore s’éloigne en clapotis.
La barge tire les amarres, bouillante d’aventures ;
Couvant dans son giron l’équipage transi

Qui rêve à d’autres jours qui n’égrainent pas d’heures,
Qui rêve à d’autres nuits, Qui rêve à d’autres flots.
Il laisse flotter les songes, laisse flotter les cœurs,
Au rythme des murmures, au caprice de l’eau.

 

©artouche

le 05 juin 2008





03/08/2008 9:26
Le bain de soleil (1 commentaire)

Le bain de soleil

 

En échange des promesses délicates des ambres

Tu donnes à l’astre chaud les secrets de ta peau

Innocente des pactes que j’ai avec les ombres

Tu ménages mes sens d’inutiles maillots

 

Caresse du soleil n’a rien de raisonnable

Elle dévoile les courbes des froides impudeurs

En images infinies éclaboussant le sable

Me livre les esquisses d’enivrantes rondeurs

 

Je dresse mes desseins aux frontières des lumières

De chaque éclat de quartz qui paillette tes soies

Et ce reflet de toi m’invite sans mystère

Au plaisir des mélanges d’un théâtre chinois

 

©artouche

le 16 avril 2007


23/07/2008 7:06
J'allais petit enfant (0 commentaire)

J’allais petit enfant

 

Des fleurs multicolores débordent des parterres.

J’allais petit enfant au jardin de Grand-père :

 

En remontant l’allée le long du potager,

Je flattais mes poumons  d’arômes mélangés.

Des buissons odorants et des arbres fruitiers

Improvisaient des goûters aux jus chauds et sucrés

 

Le chemin se perdait au coin du vieil abri.

Sous un bosquet serré de noisetiers rabougris

Une grille s’ouvrait à nos imaginaires.

Quiconque la franchissait se livrait aux mystères.

 

Point de sentiers tracés dans l’étendue herbeuse,

Chaque course lancée devint aventureuse.

Effrayés des combats de mes jeux solitaires,

Des papillons zébrés s’envolaient en bouquets.

 

Avec mon petit frère, nous chassions les lions.

Ou délivrions ma sœur des pattes d’un dragon.

J’y nommais les oiseaux et observais leurs nids.

Je suivais les colonnes régulières des fourmis.

 

Au tronc du vieux pommier j’écorchais mes genoux

Revenais pour les repas avec le rouge aux joues.

Mon grand-père attendait au droit de la clôture

Ronchonnait bienveillant devant mes écorchures.

 

Au fond de ce jardin j’ai fait la découverte

De la graine précieuse de l’arbre des poètes.

 

©artouche

le 12 mai 2006


23/07/2008 7:05
J’irai me baigner nu au creux des cressonnières (0 commentaire)

Retrouvez un nouveau texte sur mon blog des inspirations impudiques :

J’irai me baigner nu au creux des cressonnières

Pour un public averti.


22/07/2008 20:44
Cécile Chabot (0 commentaire)

C'est Cécile Chabot qui ouvre la rubrique de mes poèmes préférés.

J'ai découvert ce poème en le faisant réciter à mon fils et il m'a boulversé ... à vous de le découvrir.

Point de site officiel sur cette auteur, alors voici le fruit de mes recherches.

Cécile Chabot (1907-1990)

Cécile Chabot est née en 1907 à L'Annonciation (Comté des Deux-Montagnes, Québec) et elle est décédée à Montréal, le 30 mai 1990. Elle fait ses études à l'École des arts et métiers, puis à l'École des beaux-arts de Montréal. Son goût du voyage la conduit souvent en dehors du Québec. Elle travaille durant quelque temps au Département des Archives nationales de la Province de Québec.

En 1929, elle obtient la médaille d'or de la Société des poètes dont elle fut la vice-présidente; en 1964, la Société royale du Canada lui décerne la médaille de bronze pour son conte Féerie, déclaré alors le meilleur livre de langue française. Cécile Chabot est membre de la Société des écrivains canadiens et de la Société Royale du Canada.

Artiste, elle illustre ses livres avec goût et sobriété: Vitrail (poésie), Légende mystique Imagerie (conte), Paysannerie (conte), Et le cheval vert (contes). Féerie (conte) et Le médecin de campagne. Publiciste, peintre et poète, elle est une artiste aux multiples talents.

Extrait du " Dictionnaire pratique des auteurs québécois"


22/07/2008 20:41
"Partir" Cécile Chabot (1907-1990) (0 commentaire)

Partir

les oies

Partir !

Aller n’importe où,

vers le ciel ou vers la mer, vers la montagne ou vers la plaine !

 

Partir !

Aller n’importe où,

vers le travail vers la beauté ou vers l’amour !

Mais que ce soit une âme pleine de rêves de lumières,

avec pleine de bonté, de forces et de pardon !

 

S’habiller de courage et d’espoir et partir malgré les matins glacés,

les midis de feu, le soir sans étoiles

 

Raccommoder s’il le faut. nos cœurs voiles trouées, arrachées au mât des bateaux.

Mais partir !

 

Allez n’importe où et malgré tout !

Mais accomplir une œuvre !

Et que l’œuvre choisie soit belle, et qu’on y mette tout son cœur,

et qu’on lui donne toute sa vie.

 

Cécile Chabot

illustration Cécile Chabot



47 notes (6 Pages, 8 par page)
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