
Personnages d’ombres ou grimes chatoyants
Ils envahissent les rues brayant les ritournelles
Se rassemblent en bande chantant ou chahutant
Parenthèse du temps, espace immatériel.
Amitiés d’occasions de ces mois fraternels
Ou les riches satins côtoient veules jarretelles
Les costumes d’enfants portés par les ainés
Les chapeaux emplumés ou fleuris à l’excès
J’aime cet instinct primaire qui costume les êtres
Et réduit à néant les journées de « Paraitre »
Dans les musclés chahuts buvant milles sueurs
Il dévoile les cœurs au-delà des pudeurs
Les échos des tambours qui vrillent les viscères
Les cris stridents fifres qui scandent des marches fières
Mêmes les pluies s’amusent de joyeux confettis
Qui dansent leurs rigodons dessus les parapluies
Et quand au dernier geste du seul tambour major
Les cuivres se taisent d’un coup comme une mise à mort
Les masques se saluent en baisers nostalgiques
Et voient glisser en ville d’étranges mosaïques
Reviendra l’an prochain devancer le printemps
Mélangeant les violettes aux fumets des harengs
Les mêmes reprendront et d’autres voix encore
D’un chœur assourdissant : « On dit qu’Dunkerque est mort !? »
le 22 février 2007